Archive for septembre, 2007


Zen et business models

ying & yangLe sujet du jour concerne l’hypocrisie des observateurs du web concernant les business models des nouveaux services sur le web.

Le consensus veut que les business models reposant uniquement sur la publicité soient considérés comme fragiles, puisque dépendant de la conjoncture et reposant sur une source non extensible indéfiniment : la somme des budgets publicitaires. Dans le même temps, les services entièrement payants, en particulier lorsqu’ils ne proposent “que” de l’information, sont accusés, parfois à tort, de se priver d’un trafic considérable et de ne pas pouvoir reposer sur de l’UGC. Pour autant, le récent succès d’Arret sur Image - version web dément ces deux préjugés. Lorsqu’un service crée ou répond à un besoin de service inédit, la participation financière peut même contribuer à renforecer l’idée de club, absent des services gratuits.

Enfin, le modèle freemium, modèle bâtard constitué de services gratuits et de services premium, payants, est celui qui recueille le plus de suffrages des observateurs du web, notamment car il permet de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier en ayant deux sources de revenus. Gratuité et services payants devraient par conséquent représenter les deux forces à absolument équilibrer au sein d’un business model de start-up de services sur internet ? Un site de vente privée avec droit d’entrée serait-il inconcevable ? Des éclairages seraient bien venus …

Paperboys and everyone else

Paperboy Le passage d’un site partiellement sur abonnement (et donc fermé aux crawlers des moteurs de recherche) à un site tout gratuit pour les deux géants de la presse américaine que sont le New-York Times et le Wall Street Journal, marque l’effondrement du modèle payant pour les sites de journaux à fort tirage. S’il en est question, c’est que ces décisions correspondent à une décision rationnelle provenant d’acteurs déja largement rentables en ligne. Il ne s’agit pas d’une stratégie défensive prise dans l’urgence face à un manque substantiel d’abonnements pour la version en ligne. Il s’agit du résultat du calcul comparant la rentabilité actuelle à une rentabilité reposant uniquement sur les revenus publicitaires d’un journal intégralement gratuit (Didier de Media&Tech livre une parfaite analyse de cette stratégie). Le Financial Times ne tardera sûrement pas d’ailleurs à leur emboîter le pas…

Il n’est pas étonnant que de tous les secteurs nécessitant un échange d’informations, celui des médias est aujourd’hui le premier à changer littéralement de forme sous la libération des flux d’information et sous l’accès facilité de chacun à la production de contenus, ce qui entraîne la disparition de la valeur des informations généralistes brutes. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’avais choisi d’intituler mon mémoire de fin d’études : “Médias traditionnels et acteurs du Web 2.0 : vers la cohabitation ou la convergence des acteurs de l’information et du divertissement ?”, téléchargeable ici.

La question à se poser désormais est : who’s next ? Des idées en vrac :

  • L’industrie pharmaceutique devant faire face à des cli… pardon à des patients de plus en plus informés sur les différences (lorsqu’elles existent) entre médicaments génériques et médicaments commerciaux?
  • Le secteur du jeu, encore monopole d’Etat pour peu de temps je le crois en Europe ?
  • Le secteur de l’édition, lorsque des clônes de Lulu fleuriront ça et là ?

Vos avis sont les bienvenus!
Crédit photo : Atari

Tango & ca$h

arbre-a-cash.jpgQuel est le point commun entre une cérémonie de mariage et une start-up ?

L’argent, sans faire le bonheur, est indispensable pour garder le contrôle sur l’événement et rester maître des choix à prendre, du plus rudimentaire au plus impliquant. Dans cet excellent post centré sur son expérience personelle, Michel de Guilhermier explique comment une dilution trop précoce présage de la lente perte de contrôle sur son entreprise et amoindrit considérablement les espérances de gain lors de la sortie, par rapport à un engagement financier plus fort lors des premiers tours de financement.

Naïvement, je pensais apprendre en école de commerce lors des cours de finance d’entreprise, comment par de savants stratagèmes conserver le contrôle sur son entreprise au gré des tours de table. J’ai appris la réponse par la blogosphère : il n’y en a pas.

Je comprends alors la raison d’être des serial entrepreneurs : créer une première entreprise, même dilué massivement, afin de retirer suffisamment de fonds pour créer une entreprise et cette fois-ci être dilué plus tardivement et ainsi de suite. Dès lors, à quoi bon tout donner dans son premier projet ? Le tout est de savoir séduire les bons partenaires.

J’espère que le sarcasme n’est pas le second point commun entre start-ups et mariages…

Copyright fudge

knight_vs_viacomCela doit faire un an, notamment depuis la lecture de l’Âge de Peer, que je suis intimement convaincu, que les droits d’auteurs, ne peuvent survivre sous leur forme actuelle aux changements impliqués par la dématérialisation des contenus.

Un exemple vient appuyer le fait que la culture du mashupp et du détournement des oeuvres originales n’est pas l’unique apanage des particuliers. A la barre : Viacom, qui au sein de l’émission Web Junk 2.0 de VH1, s’est permis de reprendre sans autorisation une vidéo de Christopher Knight. Jusque là, un simple retour des choses au sein de notre free culture.  Mais cela se complique lorsque Viacom supprime de Youtube la vidéo de l’émission postée par Knight lui-même, puis la vidéo originelle de Knight !

Ce cas est emblématique des rapports de force en matière de droits d’auteur dans le domaine culturel aujourd’hui : l’intérêt des puissants propriétaires de droits d’auteurs, appuyés par les médias traditionnels, leur permet de se placer dans l’inconscient collectif comme “au-dessus ” des simples internautes, souvent “pirates” qui plus est. Ils aiment qualifier les contenus générés par les internautes de simples vidéo gags, mais s’empressent de diffuser le maximum de contenus exploitables. Preuve en est les brillantes émissions animées par Dechavanne uniquement constituées de clips de Youtube et Dailymotion. Les médias s’approprient alors peu à peu les contenus du 2.0, mais également son fonctionnement (interactivité avec le public pour définir le script d’une émission au fil de l’eau), tout en refusant la moindre paternité de droits d’auteur aux “petits” producteurs de contenus diffusant via internet. Une jurisprudence Knight permettrait de remettre à leur place les multinationales du média et de réequilibrer les forces.

Pour autant, ce cas peut également être considéré comme un simple dérapage de parcours au sein de notre société du mashup, qui ne peut trouver comme autre issue que l’abolition des droits d’auteur sous leur forme actuelle. Le producteur de cette vidéo, au sein de laquelle en 2020, Lawrence Lessig, l’apôtre de la free culture, devient ministre de la Justice des Etats-Unis, puis rend la protection du droit d’auteur illégal… L’établissement de “forfaits”, tant du point de vue des consommaters que des producteurs (qui ne font plus qu’un par ailleurs : les consommacteurs) serait une des solutions possibles.

Votre avis sur la question m’éclairerait.