Archive for octobre, 2007


Once upon a time in the E-west

Duel Comment se fait-il que plus de dix ans après l’explosion d’internet auprès du grand public, ce secteur ne soit toujours pas reconnu en tant que vivier de professionnels qualifiés ?

Les questions allant de pair étant :

  • pourquoi aucun établissement de renom ne fournit-il de formation généraliste adaptée à internet (droit, logistique, marketing, crm, finance) ou à l’e-commerce ?
  • pourquoi les entreprises qui embauchent ne connaissent pas de juste milieu entre postes de simples webmasters sans aucune autonomie assistant de vieux briscards passant par cette variante du placard “communication” (la majorité des sites du cac 40 peuvent en témoigner) et postes en or proposés à des profils extra-terrestres ?

En attendant de trouver une réponse à ces questions, la liste des postes susceptibles d’exister en agence web ne repose pas sur une terminologie globalement reconnue, ne repose pas sur une délimitation claire des compétences (une même personne peut être chef de projet fonctionnel et faire office de consultant et d’architecte de l’information…) et enfin, n’évoque pas pour chaque poste des formations clairements reconnues.
Un flou général s’installe alors en matière de politique salariale, de chemins de carrière, dans lequel chacun joue le chacun pour soi.

Fais dodo, Colas mon petit geek…

Nabaztag_lit J’apprends le même jour qu’à partir “du mois de novembre, le lapin [Nabaztag] sera capable de lire de vive voix des ouvrages pour la jeunesse édités par Gallimard” (NDB : via une puce RFID puis en allant chercher le contenu désiré en ligne) et que “l’intégration du numérique en France risque de se faire parce que les cartables sont devenus trop lourds“. De là à penser que l’immersion des enfants dans un monde numérique se fera de plus en plus jeune et en se substituant aux activités humaines, il n’y a qu’un pas.

Je le franchis allègrement tout en restant conscient que le jour où l’intelligence artificielle sera assez développée pour que les organismes cybernétiques atteignent le libre arbitre, de nombreuses menaces sont susceptibles d’apparaître (et là nous pensons tous ensemble aux mêmes films d’anticipation, THX 1138 pour citer le plus noble à mon goût). D’ici là, les enfants pourront certainement profiter dans peu de temps de répétiteurs de poésie toujours à disposition, d’outils d’analyse des types de fautes d’ortographe les plus souvent commises,d’interfaces tactiles permettant d’appréhender plus facilement les frises historiques, etc …

La principale question que je me pose finalement est : “quelles activités d’enseignement ou de garde pourraient être définitivement substituées numériquement” ? J’entends déja les sceptiques et les enseignants répondre : “aucune”. Si vous avez une autre opinion, n’hésitez pas à m’en faire part…

Pimp my Site

pimpAbsolument tout le monde y va de sa conception du web 3.0 afin de revendiquer le titre de paternité du terme, comme O Reilly ou plutôt D. Dougherty pour le 2.0 : d’O’ Reilly justement à Dave Winer, en passant par Martine la palme revenant quand même à Nova Spivack et Jason Calacanis pour avoir chacun donné une définition qui cadrait avec leur propre start-up ! Robert Scoble ou Pierre Chappaz montrent plus de recul sur la question.

Ne retenons que le consensus général voulant que la prochaine grande étape du web reposera sur le web sémantique. Le web serait alors une plateforme (définition du web 2.0 selon Tim O’Reilly) permettant à des applications diverses d’échanger des données devenues interopérables (grâce à un métalangage par exemple).

Le web sémantique, sensé précéder l’ère de l’intelligence artificielle, est rarement présenté de manière plus pragmatique (mais souvent de manière plus claire je vous l’accorde) et voici où je veux en venir. Quel apparence prendra un site de prochaine génération ? Ressembleront-il à des pages d’accueil de Netvibes accueillant des modules de contenu de sources diverses ? S’agira-t-il simplement d’interventions ponctuelles, comme l’autocomplétion de formulaires grâce à la mise en mémoire des formulaires déja remplis ? Cela concernera-t-il essentiellement les réseaux sociaux, qui à l’image de Facebook ou bientôt de Linkedin et Myspace, donneront à des applications tierces la possibilité de venir se greffer au site ? S’agira-t-il tout simplement de sites entièrement personnalisables de la forme au fond ? Pourrons-nous adapter les sites à notre image et à nos besoins de contenus grâce à des données intercompatibles ?

Certes, il est abérrant de chercher à prévoir le futur, mais il s’agit d’un exercice bien plus stimulant, me semble-t-il de chercher ce à quoi peut concrètement ressembler le prochain web par l’observation (où en sont les sites actuels ? quel gap reste-t-il à franchir ?) que par la réflexion pure…

Je te tiens, tu me tiens par le blogroll…

BarbichetteLe consensus régnant actuellement dans la blogosphère francophone est-il une bonne ou une mauvaise chose ?

De mon point de vue, la tendance mégalomane de tout blogueur mais surtout la crainte d’être banni de la meute, conduit tout blogueur à ne jamais dire du mal de son voisin dans ses posts. De plus, les commentaires sont faits pour ça, sans oublier de les rendre anonymes bien sûr

Doit-on y voir là une reproduction de l’histoire de la constitution des sociétés autour d’une loi et d’une morale, avec comme raison originelle la défense de la propriété (en l’occurrence intellectuelle), chère à Rousseau, ou bien la peur des faibles préférant se regrouper vis-à vis des forts, chère à Nietzsche ?

S’agit-il au contraire des prémisses d’une communauté qui teste ses limites, à l’image d’un nourrisson apprenant à interagir avec les autres êtres humains ? Cette hypothèse serait corroborée par la plus grande maturité/capacité d’auto-critique de la blogosphère américaine. A quand la version française du sarcastique Valleywag, le Canard Enchaîné geek de la Silicon Valley ?

J’aimerais espérer que la deuxième hypothèse se confirme, mais à mon grand dam, le vainqueur de la semaine dans la catégorie « cet autre blogueur a beau être mon meilleur ami, il est objectivement le meilleur entrepreneur » n’est autre que Dave Winer. Extrait choisi : He’s got the French touch, a bit self-deprecating, he’s good at seduction, keeps his ego in the background and puts the focus on the users, where it should be.

J’attends votre point de vue…

Clubs (&) Internet

Sold_Out Ressortez Condillac de sa tombe, la rareté peut à nouveau conditionner la valeur d’un bien. Bien sûr cela peut paraître paradoxal à l’ère de la longue traîne, théorie qui assaisonne allègrement les communiqués de presse de la majorité des start-ups actuelles et des posts de blogs high-tech.

 

Le paradoxe peut en fait être aisément levé :

  • C’est parce que la majorité des produits ayant une valeur matérielle peuvent être trouvés sur Amazon, eBay et Wal-Mart, que le besoin d’exclusivité se fait sentir. Le site Soldout, adossé au magasin français hype Colette et à l’agence de street marketing La MJC, met en moyenne quatre nouveaux produits par jour, rarement au-delà de dix exemplaires. Les produits doivent rester disponibles en moyenne six heures, notamment grâce à une livraison mondiale.
  • C’est parce que tout un chacun peut s’inscrire sur Myspace ou Facebook, que des réseaux sélectifs, accessibles uniquement sur invitation, gagnent en notoriété. On pense bien entendu à asmallworld, mais Claseo va encore plus loin : non seulement l’invitation est nécessaire pour accéder au site mais il également impératif d’acheter un polo avec numéro de série pour la modique somme de … 79€.

La question est selon moi de savoir si ces exemples resteront anecdotiques ou bien s’ils préfigurent une longue lignée de sites privés. N’hésitez pas à laisser votre avis sur la question.

PS : j’ai réussi à éviter de parler des sites de ventes privés et n’en suis pas peu fier ;)

Dr. Weblog & Mr. Fake

Jekyll & HydeMa semaine dernière fut consacrée à maudire un blogueur ayant lancé une fausse rumeur d’acquisition d’un blog par un groupe de médias. Arnaud Jeulin du blog Dauran avait fait courir le bruit selon quoi «Presse-Citron [venait] de signer la vente pour un montant à 5 zéros [et qu’ils avaient] aussi des vues sur 5 autres blogs High Tech, une demi douzaine sur la programmation, autant dans les jeux vidéos.» Cette acquisition aurait été faite par « un groupe média un groupe français présent sur la TV, magazines, journaux, ciné mais pas (ou peu) d’Internet » (ndb : Lagardère autrement dit).

J’apprends cette fois ci via InFlux qu’un autre petit malin lance des rumeurs pour se faire mousser (l’info a été relayée après coup dans Libération) en ayant annoncé à tort une demande de divorce de la part de Cecilia Sarkozy.

Quelques réflexions à ce sujet :

  • Ces exemples sont du pain bénit pour les médias traditionnels qui tiennent déjà leur reportage de 2 minutes sur le thème « méfiez vous de l’information sur internet » ficelé avec les controverses sur Wikipedia.
  • Ces exemples sont trop rares pour avoir le droit d’incriminer la blogosphère.
  • Last but not least, les rumeurs incriminant des personnes ayant commis des transgressions (sous n’importe quelle forme) peuvent aisément ruiner une réputation, comme le montre le tristement célèbre exemple de la « dog poop girl ». Messieurs les blogueurs concernés, apprenez donc que sur le web, contrairement au monde extérieur, l’important n’est pas la réputation, mais la bonne réputation. Sur le web, tout a une trace. Les erreurs, au milieu desquelles la volonté de tromper la majorité figure en bonne place, sont enregistrées dans la mémoire collective et propagées aussi loin que les personnes trompées sont influentes et que l’erreur est flagrante. Je ne pense pas d’ailleurs que Richard Figueroa s’en reprendre à Michael Arrington de si tôt.

A quand un permis de bloguer me diriez-vous ? Le groupement No Press semble en prendre le chemin même s’il insiste plus sur les droits que sur les devoirs des blogueurs. A coup sûr si par défaut tous les blogueurs recevaient un permis à point, certains seraient déjà interdits d’autoroutes de l’information depuis longtemps…

Update : la rumeur sur le couple Sarkozy s’est révélée juste, seul le timing (cinq jours d’écart par rapport à la prévision) était faux. Demi mea-culpa.

And noooww … le E-pot de vin

CorruptionAlors que Larry Lessig change de cheval de bataille en délaissant la problématique du copyright pour celle de la corruption (j’y vois un rapport direct mais ça c’est une autre question), j’ai fait l’expérience de l’arrangement dans les mondes virtuels.

En faisant une partie de Halo sur Xbox live, je me suis fait proposer une partie “sucrée”. Une partie plus tard je compris enfin ce terme. Il s’agissait d’un arrangement entre tous les membres d’une partie improvisée afin de tour à tour avoir carte blanche pour éliminer plusieurs fois les autres concurrents sans défense de ceux-ci. L’objectif? Améliorer bien plus rapidement son profil.

Certes il n’est nul question d’argent ici, plutôt d’un partage de bonnes (?) volontés, mais cela m’a permis de réaliser que la “cyberdélinquance” (je hais ce mot) peut prendre d’autres formes que le phishing et toutes formes de piratages. Bien sûr nous entendons à longueur de lecture de blogs que chaque phénomène social réel connaît son pendant en ligne. Après le vol (de coordonnées), l’attentat (hack de sites), bienvenue à la corruption, phénomène bien plus pernicieux.

Si vous avez d’autres exemples d’e-corruption, n’hésitez pas.

Last night a major left my life

white_label.jpg A la suite de Radiohead, le groupe Nine Inch Nails annonce vouloir assurer lui-même la production et la distribution de leur prochain album. Leur album serait vendu en ligne sur un site autonome à des internautes en ayant librement fixé le prix.

Pour ce qui est de la production, rien de bien nouveau. Pour ce qui est de la distribution, merci l’institut Fraunhofer d’avoir inventé le mpeg. La révolution vient du troisième maillon de l’industrie musicale : le marketing. L’activité consistant à identifier sa cible et à définir un prix, un mode de promotion et de distribution, est désormais confiée aux clients/internautes. L’offre et la demande peuvent désormais être contrôlées par les mêmes personnes. Ce nouveau type de marché reposerait sur la simple hypothèse que ces acteurs hybrides agissent de manière rationnelle en groupe.

L’emploi de ce jargon économique est ici volontaire pour décrire un secteur habituellement considéré comme “à part”, comme l’ensemble des secteurs culturels. Le secteur musical est peut-être en train de servir de terrain d’expérimentation pour de nombreux autres secteurs économiques en voie de désintermédiation, à défaut de dématérialisation. A vous de me donner le nom des secteurs les prochains sur la liste : le crédit, le cinéma ?

SchizoBook

Schizo FlippyFacebook est selon moi une des plus grande expérience sociale de ce début de siècle. De mon point de vue, aucun autre réseau social ne m’a jusqu’aujourd’hui permis de :

  • rassembler autant d’amis et de connaissances
  • échanger au-delà de “thx for the add” (suivez mon regard)
  • suivre au jour le jour l’actualité de mon réseau, ce qui dépasse le “Jack now works for XXX company” (suivez mon regard)
  • donner des informations personnelles qui me dispensent de communiquer par un autre biais
  • ne plus faire la dichotomie entre vie personnelle et vie professionnelle et c’est là que le bât blesse !

Le fait que mon pot pourri de”friends” se compose allègrements de :

  • véritables amis
  • camarades
  • simples connaissances
  • personnes que je déteste
  • connaissances professionnelles
  • relations de personnes que je déteste

mon esprit s’encombre de questions radicalement nouvelles :

  • faut-il conserver l’idée de différents niveaux de proximité avec ses contacts ?
  • est-il préjudiciable de divulguer certaines informations privées, en apparence sans conséquences, sur un réseau si tentaculaire ?
  • faut-il avoir le courage d’ignorer l’ensemble des personnes ne bénéficiant pas d’une confiance totale ?
  • perd-t-on la sympathie d’une personne après l’avoir ignoré ?
  • la présence sur le même réseau de mes contacts professionnels et privés implique-t-il que je dois donner de moi une image lisse et sans originalités (certains groupes et certaines applications doivent vous venir immédiatement à l’esprit) ?

Si la réponse à la dernière question est oui, cela implique selon les personnes, soit un sacrifice pénible faisant perdre le plaisir et l’envie d’utilisation de l’outil, soit un réflexe nouveau et accepté.
La deuxième hypothèse me fait peur. Ma génération est-elle celle du politiquement correct, de la prédilection du professionnel sur l’amusement, le loisir ?
Je ne m’avancerai pas plus avant et laisse volontairement les questions en suspens, mais libre à vous d’y répondre en commentaire.

La fin des papiers à musiques ?

TsugiQuel avenir pour les magazines spécialisés de musique ?
En matière de prix, de fraîcheur des informations, d’offre de titres et d’exclusivité des informations, ceux-ci ne peuvent concurrencer les blogs spécialisés. La musique électronique offre un bel exemple : d’un côté Fluokids, que l’on ne présente plus, de l’autre feu Trax.
Fluokids, par son ton sarcastique, très proche d’addikted.net, ses photos décalées et ses mp3 gratuits souvent de qualité et en avant-première, distribués tels des cadeaux bonux, justifient en moyenne 4000 Visites Uniques par jour.

A ma droite, Trax, ancienne référence du monde de la musique électronique dans les pays francophones a du fermer boutique. Sans faire de lien de cause à effet, le parallèle est instructif. Deux raisons à la fermeture selon mon humble avis : Trax avait fait le pari de s’en tenir à la musique (contrairement aux Inrocks par exemple) et comme toutes les tendances musicales, l’électronique connaît des hauts et des bas : nous sommes aujourd’hui pas loin du plus bas… Certains journalistes de Trax, après avoir tenté en vain de reprendre le vaisseau en péril, croient toujours en l’aventure en recréant des cendres de Trax un magazine intitulé Tsugi.

L’avenir nous dira si la cohabitation est possible.

Update : Trax aurait en fait été racheté par Technikart, mais visiblement après une mise en liquidation judiciaire…