Archive for mai, 2008


X vs. Y

GenYJe viens de découvrir la notion de “Génération Y”, concept de Strauss et Howe, via un nouveau post complet et impressionnant de Read/Write Web. Visiblement, j’en fais partie. Par génération Y, on entend la génération ayant succédée à la génération X, qui commence entre 1979 et 1983. Pour paraphraser Wikipedia France, les gens de cette génération sont “optimistes, indépendants, orientés sur les objectifs, maîtres d’Internet et des ordinateurs personnels, instruits et perspicaces“.

L’article de RW/W va plus loin en précisant de cette génération, qu’elle accorde beaucoup plus de place à la communication horizontale que verticale, que par conséquent l’influence de la télé et des publicités ne peut jouer face aux relations entre pairs et que l’ambition professionnelle n’est pas son moteur. Pour en venir à des sujets plus geeks, l’article note qu’elle sait faire preuve de précaution avec les réseaux sociaux (ou SNS : Social Network Services), qu’elle attend des entreprises qu’elles placent la transparence (y compris pour reconnaitre ses erreurs) et le dialogue au centre de leur communication digitale (tiens tiens), que son attention est plus limitée (donc la longueur moyenne attendue des textes), que c’est elle qui va introduire l’”entreprise 2.0″ et enfin qu’elle utilise fréquemment le web mobile à des fins sociales.

Une réflexion m’est venue et ne me lâche pas depuis. Comment faire pour que l’entrée professionnelle de cette génération dans le secteur des nouvelles technologies se passe sans heurts ?

Comment légitimer auprès des bébés du web que les derniers rejetons de la génération X, parfois de seulement cinq ou dix ans leurs aînés, occupent des postes en or, crées pour eux à une époque où le Journal du Net était considéré comme une source pointue d’information et qu’ils ne sont pas prêts de partir à la retraite ? Si les gourous de l’ère pré-2000 sont intouchables, peut-on en dire autant de la vague suivante de webworkers, entrés dans le web par opportunité, lorsque tant de groupes branchèrent le câble ethernet à contre-coeur ?

A contrario, comment les webworkers en place peuvent-ils s’empêcher de voir cette génération pragmatique et née câblée comme autre chose qu’une horde de baveux prétentieux  et sûrs d’eux dès qu’ils dépassent les 500 contacts Facebook, les 1000 visiteurs de leur blog et les 2000 bookmarks del.icio.us ?

La génération Y, rangée en ordre de bataille derrière sa tête de file, Mark Zuckerberg, qui a beau ne pas placer la carrière au-dessus des préoccupations personnelles, va sûrement défendre sa suprématie en matière de nouvelles technologies. Une chose est sûre, que les entreprises s’attendent à de l’animation dans ce domaine.

Vers une LCEN 2.0…

JusticeUne fois n’est pas coutume, je fais office de passe-plat pour vous vanter les louanges de cet excellent article sur Ecosphere,  écrit par Emmanuel Parody,  publisher du pôle business-news de C|net France. L’idée sous-jacente est très simple. Pour éviter qu’une affaire Fuzz ne se représente, il s’agirait de nuancer les deux seuls statuts d’acteurs de l’économie numérique reconnus par la LCEN : ceux d’hébergeur et d’éditeur. En cherchant à se dédouaner de la pleine responsabilité de la publication de contenus, interdits, sur leurs sites, les responsables de sites communautaires n’ont d’autre alternative que de se faire passer pour de simples hébergeurs, chose trop facile à réfuter. Pourquoi ne pas alors distinguer les éditeurs de services des éditeurs de contenus ? Les premiers structurent ex-ante une information par la suite crée, agrégée, aspirée (dans le cas des flux RSS). La responsabilité de l’éditeur commencerait alors une fois pris connaissance du contenu incriminé. Les second créent ex-nihilo leur propre contenu et en sont par conséquent pleinement responsables.

Bref, je vous recommande vivement la lecture de ce post.

Recherchons : Chasm-Crosser

ChasmJe ne peux me sortir de la tête un article de Dare Obasanjo, totalement disruptive pour moi diraient les américains. En apparence, n-ième reprise du livre de Geoffrey Moore Crossing the Chasm. Certes, il y est comme d’habitude question du passage de l’adoption d’un produit par les early adopters à une adoption de masse, sur un marché technologique. Jusque là tout va bien. La subtilité vient des exemples donnés. Exemples de réussites et d’échecs de services technologiques vis-à-vis d’une démocratisation.

Le bougre (la nouvelle acceptation du terme, pas l’ancienne) explique par A + B comment les services de networking généralistes (FaceBook, Myspace), de partage de contenus (FlickR, Youtube) ou de création/relais d’informations (Digg, Wikipedia) ont pu emporter l’adhésion populaire. Rien à redire. En revanche, le fait d’enterrer la recherche de blogs (Sphere, Technorati), le bookmarking social (Del.icio.us, Ma.gnolia) et les agrégateurs de flux (Netvibes) aux yeux du plus grand nombre, me perturbe.

Les earlyadopters des nouvelles technos a.k.a. les geeks sont-ils vraiment une espèce à part ? Nous réagirions à nos propres codes, plutôt que d’être des précurseurs de tendances à venir ? Il est vrai que certaines entreprises, par d’habiles jeux d’influence arrivent à faire monter la sauce sans que l’aura soit toujours justifiée (Twitter et Seesmic pour ne citer qu’eux). Mais il est question ici de types de services, proposés souvent par des dizaines de startups. Del.icio.us et Netvibes qui sont pour moi des outils quotidiens, professionnels et personnels, seraient-ils en fin de compte uniquement adaptés à mon parcours de webworker/webmaniac ? N’est-ce pas plutôt une question de courbe d’adoption plus lente que pour d’autres technologies ?

Devant tant de questions irrésolues, je vous cède la parole.

Mémoire et bookmarks

Del.icio.usL’addiction est un risque mineur de la pratique courante, quotidienne et professionnelle du web. La perte de mémoire, individuelle et collective, en est un risque autrement plus grave. A plus de 2200 favorid sauvegardés en ligne sur del.icio.us, service racheté par Yahoo fin 2005,  je développe conjointement une  angoisse de perdre pour X raisons les liens notés jusqu’à présent et une capacité à faire le minimum d’efforts cognitifs pour retrouver une page “marquée”.

Passons sur l’angoisse.

En s’habituant à collecter des informations en leur attribuant des tags  (avec souvent peu de renouvèlement dans le choix de ceux-ci), un réflexe de non-mémorisation s’installe peu à peu. Pourquoi se souvenir d’un article, d’un site, d’une vidéo, lorsqu’il suffit de les retrouver à l’aide de mots-clés que l’on a soit même pensé ? Du même coup, la mémorisation des tags que l’on a pu associer à une page recherchée disparait peu à peu. Enfin, le souvenir même des articles consultés disparait.

Cette hypothèse me fait dire que la connaissance doit préexister à la recherche et non l’inverse. A quoi bon rechercher à l’aveugle parmi ses favoris sans avoir une idée des favoris dont l’association peut donner de la cohérence ? Or le confort technologique qui nous entoure nous dissuade d’effectuer des efforts cognitifs, nécessaires à toute recherche efficace.

Cela aura-t-il un jour un retentissement plus global ou ne suis-je qu’un geek piégé dans son monde ?

Feedbacks perdus dans l’espace…

FeedbacksA l’heure où SNCF défraie les posts de Techcrunch, par les critiques soulevées envers la dernière mouture de Voyages-sncf.com, la question des relations entre marque et consommateurs est au centre des débats.

Peut-on encore aujourd’hui, comme le prétend la personne en charge des relations extérieures de la SNCF, dire que les utilisateurs ont “été mis au centre de la refonte”,  parce que 50 internautes (…) ont (…) suivi les équipes de Voyages-sncf.com autour de l’optimisation de l’architecture de l’information ?

Une entreprise, comme Feedback 2.0, qui donne les outils aux marques de recueillir les avis de leurs utilisateurs, collaborateurs ou d’un public plus ciblé, va dans la bonne direction en facilitant pour les marques la possibilité de s’adresser au plus grand nombre. Sans passer par cet outil, des marques telles que Starbucks ou Dell ont déja sauté le pas. L’idée ici est de ne pas se cacher derrière le nuage opaque de tests utilisateurs réservés à quelques-uns. Le problème est que ces sites sont nettement distingués du site corporate mère. La Caisse d’Epargne centre son site de développement durable autour de la participation des internautes, mais cela reste un site-fille. Seule la SNCF propose un espace de débats accessible de son site, réalisé avec l’aide de feedback 2.0, G2 et Publicis Consultants. Nous y revoilà. Certes la SNCF et voyages-sncf ne sont pas les mêmes entités, mais comment ne pas faire le rapprochement ?

La fonction de feedbacks et d’échanges perd de son sens, si elle n’est utilisée que comme un faire-valoir et non comme un outil central de la communication corporate (entre autres, partie intégrante du site corporate). Pour autant il n’est pas facile d’accepter la disparition du concept de “communication corporate” au profit de celui d’”échange corporate”.

Ne pensez-vous pas vous aussi que les retours d’expérience, propositions et échanges sur une marque/un produit doivent être placée au coeur des outils principaux de communication et non en périphérie ?