L’addiction est un risque mineur de la pratique courante, quotidienne et professionnelle du web. La perte de mémoire, individuelle et collective, en est un risque autrement plus grave. A plus de 2200 favorid sauvegardés en ligne sur del.icio.us, service racheté par Yahoo fin 2005, je développe conjointement une angoisse de perdre pour X raisons les liens notés jusqu’à présent et une capacité à faire le minimum d’efforts cognitifs pour retrouver une page “marquée”.
Passons sur l’angoisse.
En s’habituant à collecter des informations en leur attribuant des tags (avec souvent peu de renouvèlement dans le choix de ceux-ci), un réflexe de non-mémorisation s’installe peu à peu. Pourquoi se souvenir d’un article, d’un site, d’une vidéo, lorsqu’il suffit de les retrouver à l’aide de mots-clés que l’on a soit même pensé ? Du même coup, la mémorisation des tags que l’on a pu associer à une page recherchée disparait peu à peu. Enfin, le souvenir même des articles consultés disparait.
Cette hypothèse me fait dire que la connaissance doit préexister à la recherche et non l’inverse. A quoi bon rechercher à l’aveugle parmi ses favoris sans avoir une idée des favoris dont l’association peut donner de la cohérence ? Or le confort technologique qui nous entoure nous dissuade d’effectuer des efforts cognitifs, nécessaires à toute recherche efficace.
Cela aura-t-il un jour un retentissement plus global ou ne suis-je qu’un geek piégé dans son monde ?
La folie conduit à voir un même objet en de multiples occasions. Je suis fou... de web. Alexandre Cabanis