Lundi 23 février 2009, le tribunal de commerce de Paris a fait casser l’exclusivité de l’offre sportive d’Orange Foot et ainsi donné raison à Free et Neuf/SFR.
L’empire entier s’écroule. Pourquoi ?
Malgré les marges actuelles, les connivences avec l’Etat et les autres opérateurs mobiles et FAI, Orange s’est résigné (il y a peu) à mettre en place un business model de transition avant la disparition, au moins partielle, de la valeur ajoutée des opérateurs. Lorsque NTT Docomo s’appuie sur la technologie NFC pour devenir une banque, Orange choisit le secteur ayant sûrement le plus à craindre pour son avenir, avec le secteur automobile : la production de contenus.
Pourquoi ? Très certainement par peur de Google. Pressentant que combattre la net neutrality et faire payer certains sites particulièrement consommateurs de bande passante contre un service premium n’était pas très à la mode (cf. Obama) ; ils ont préféré rentrer dans la chaîne des producteurs de contenus, ceux-là même qui se plaignent d’être asservis à Google (cf. Etats généraux de la presse). Mais là, parade suprême : ils rendent leur contenu ultra fermé et accessible qu’à leurs abonnés. Mais là problème : il s’agit de vente liée (illégale, comme la collusion d’ailleurs).
Que faire alors ? Chercher un troisième modèle ? Persister à trouver des exclusivités de quelques mois avant qu’il soit prouvé qu’elles sont illégales (cf. l’iPhone en France) ? Jusque maintenant, la technique de “je passe en force en foutant des gros coups de latte au passage dans ce qui sous-tend l’économie libérale” semble privilégiée. Pour combien de temps encore ?
Lorsqu’Orange devient le Canal+ bis du foot du samedi soir, pour la modique somme de 6€ par mois, en plus des 39 d’abonnement ; lorsque le Monde demande 6€ pour l’accès à ses contenus premium online ; lorsque l’éditeur de jeux vidéos EA lorgne de plus en plus ver le modèle du “free-to-play”, sorte de modèle freemium où les contenus supplémentaires sont payés à l’unité,
La folie conduit à voir un même objet en de multiples occasions. Je suis fou... de web. Alexandre Cabanis
