Archive for the ‘économie’


A quand le conseil en web, le vrai ?

ConsultantQuestion idiote : comment se fait-il que le conseil en stratégie et en organisation, soit le conseil au sens noble du terme, soit totalement dépourvu d’acteurs ? Peut-on mettre cette carence sur la force d’inertie d’acteurs traditionnels proches du domaine ou ces derniers croient-ils tout simplement pratiquer cette activité ?

Les acteurs en question :

  • les spécialistes du conseil en SI (Accenture, Cap Gemini, Atos) : ils connaissent les nouvelles technologies, côtoient en permanence des annonceurs ayant leur site. D’un autre côté, ils n’ont jamais baigné dans la culture web, ne le revendiquent pas et ne cherchent pas, parmi la génération Y, de futurs talents du web.
  • à ma droite, les agences web pure players (Duke, FullSix, Nurun, Digitas) : elles souffrent d’un turn-over très élevé qui ne permet pas de capitaliser sur la formation des employés (à moins que cela soit l’oeuf et non la poule…) et préfèrent, au suivi des clients sur le long-terme, les projets de moyen terme.
  • de petites boîtes et free-lances barbotant entre les deux, cachant souvent sous le tire de consultant celui d’ergonome, de communicant ou tout simplement d’escroc.

La question est maintenant de savoir qui fera le premier pas pour rafler la mise ? Un des acteurs précédents ou un pure player ? A vous de me dire.

Le mystère du permission marketing

Opt-inLe mystère est entier. Comment le permission marketing peut-il perdurer ? Qui sont les naïfs qui après avoir participé en vain à 1200 tirages au sort, 9 fois sur 10 pipés et sans huissiers, continuent de plus belle ? Quel bénéfice penser pouvoir tirer de la case “J’accepte de recevoir des offres de partenaires commerciaux que je ne connais pas.” ? Si, le bénéfice bien connu de tous est la maximisation des chances de gagner à ces fameux jeux-concours.

La boucle est bouclée. Je livre des données personnelles, qui ont une valeur certaine, j’accepte d’encombrer ma boîte mail, le tout sans aucune contre-partie. Combien de temps avant que ce truisme ne sorte de l’enclos des geeks pour parvenir au plus grand nombre ? L’avenir nous le dira.

Vos avis sur la disparition pure et simple de ce business sont les bienvenus.

X vs. Y

GenYJe viens de découvrir la notion de “Génération Y”, concept de Strauss et Howe, via un nouveau post complet et impressionnant de Read/Write Web. Visiblement, j’en fais partie. Par génération Y, on entend la génération ayant succédée à la génération X, qui commence entre 1979 et 1983. Pour paraphraser Wikipedia France, les gens de cette génération sont “optimistes, indépendants, orientés sur les objectifs, maîtres d’Internet et des ordinateurs personnels, instruits et perspicaces“.

L’article de RW/W va plus loin en précisant de cette génération, qu’elle accorde beaucoup plus de place à la communication horizontale que verticale, que par conséquent l’influence de la télé et des publicités ne peut jouer face aux relations entre pairs et que l’ambition professionnelle n’est pas son moteur. Pour en venir à des sujets plus geeks, l’article note qu’elle sait faire preuve de précaution avec les réseaux sociaux (ou SNS : Social Network Services), qu’elle attend des entreprises qu’elles placent la transparence (y compris pour reconnaitre ses erreurs) et le dialogue au centre de leur communication digitale (tiens tiens), que son attention est plus limitée (donc la longueur moyenne attendue des textes), que c’est elle qui va introduire l’”entreprise 2.0″ et enfin qu’elle utilise fréquemment le web mobile à des fins sociales.

Une réflexion m’est venue et ne me lâche pas depuis. Comment faire pour que l’entrée professionnelle de cette génération dans le secteur des nouvelles technologies se passe sans heurts ?

Comment légitimer auprès des bébés du web que les derniers rejetons de la génération X, parfois de seulement cinq ou dix ans leurs aînés, occupent des postes en or, crées pour eux à une époque où le Journal du Net était considéré comme une source pointue d’information et qu’ils ne sont pas prêts de partir à la retraite ? Si les gourous de l’ère pré-2000 sont intouchables, peut-on en dire autant de la vague suivante de webworkers, entrés dans le web par opportunité, lorsque tant de groupes branchèrent le câble ethernet à contre-coeur ?

A contrario, comment les webworkers en place peuvent-ils s’empêcher de voir cette génération pragmatique et née câblée comme autre chose qu’une horde de baveux prétentieux  et sûrs d’eux dès qu’ils dépassent les 500 contacts Facebook, les 1000 visiteurs de leur blog et les 2000 bookmarks del.icio.us ?

La génération Y, rangée en ordre de bataille derrière sa tête de file, Mark Zuckerberg, qui a beau ne pas placer la carrière au-dessus des préoccupations personnelles, va sûrement défendre sa suprématie en matière de nouvelles technologies. Une chose est sûre, que les entreprises s’attendent à de l’animation dans ce domaine.

Les entrepreneurs 1.0 parlent aux entrepreneurs 2.0

Michael_ArringtonQuelques lignes pour faire référence à un des plus beaux discours que j’ai pu avoir lu sur l’entrepreunariat en général, mais dans le web en particulier.

Il est signé Michael Arrington de Techrunch. Je le dédie :

  • aux banques de détail fraçaises, dont l’heure système est restée bloquée au 14 avril 2000 et qui préféreraient prêterà des octogénaires sous Alzheimer qu’à des entreprenautes
  • à tous les jeunes, plus ou moins geeks, qui comme moi ont une idée mais n’osent pas sauter le pas (le nombre de participiants au concours de Pierre Chappaz en témoigne)
  • aux hommes politiques qui n’osent découvrir le milieu d’internet autrement qu’au travers des yeux des lobbyistes des majors des médias

Baby Genius

bebe geniusLe récent post de TechCrunch concernant le rapport entre l’âge et les chances de réussite d’un entrepreneur dans les NTIC m’a séduit,…, du fait de mon âge. Les chances de réussite d’une start-up technologique seraient inversement proportionnelles à l’âge de son fondateur…
En y regardant de plus près, une question subsiste si ce phénomène était avéré : d’où cela proviendrait-il ?

  • Pour Glen Kelman (CEO de Redfin), il proviendrait de la fraîcheur de talents non encore formatés, qui possèdent “cette ignorance des premières fois(…)qui permet aux entrepreneurs débutants de penser sans contraintes et d’être ambitieux.
  • Pour Fred Wilson d’Union Square Ventures, dont s’inspire Ouriel, il s’agirait d’une question d’appropriation des nouvelles technologies par une génération pour laquelle le mot geek perd tout son sens tellement il représente la norme.
  • Proviendrait-il sinon d’un changement de paradigme dans le business d’une manière générale ?
    • D’une part, l’accès à des partenaires (financiers ou autres) ne connaîtrait pas les barrières d’antan. La première génération du web aurait-elle laissée son empreinte dans la gestion des rapports professionnels au-delà du feu de paille qu’était le « funky business » ? L’âge, comme la tenue vestimentaire ou l’école de formation seraient-ils des codes d’identification d’un profil d’une autre ère ?
    • D’autre part, les règles de management d’il y a encore dix ans seraient-elles périmées au point de ne pas savoir répondre correctement à un marché de consommateurs habitués à la transparence, à la personnalisation et à l’immédiateté ? En d’autres termes, si demain Mark Zuckerberg et Bill gates ou Eric Schmidt étaient parachutés à la tête de deux entreprises de taille égale dans l’agro-alimentaire, la première aurait-elle plus de chances de s’en sortir…

Bref, beaucoup de questions restent en suspens…

Clubs (&) Internet

Sold_Out Ressortez Condillac de sa tombe, la rareté peut à nouveau conditionner la valeur d’un bien. Bien sûr cela peut paraître paradoxal à l’ère de la longue traîne, théorie qui assaisonne allègrement les communiqués de presse de la majorité des start-ups actuelles et des posts de blogs high-tech.

 

Le paradoxe peut en fait être aisément levé :

  • C’est parce que la majorité des produits ayant une valeur matérielle peuvent être trouvés sur Amazon, eBay et Wal-Mart, que le besoin d’exclusivité se fait sentir. Le site Soldout, adossé au magasin français hype Colette et à l’agence de street marketing La MJC, met en moyenne quatre nouveaux produits par jour, rarement au-delà de dix exemplaires. Les produits doivent rester disponibles en moyenne six heures, notamment grâce à une livraison mondiale.
  • C’est parce que tout un chacun peut s’inscrire sur Myspace ou Facebook, que des réseaux sélectifs, accessibles uniquement sur invitation, gagnent en notoriété. On pense bien entendu à asmallworld, mais Claseo va encore plus loin : non seulement l’invitation est nécessaire pour accéder au site mais il également impératif d’acheter un polo avec numéro de série pour la modique somme de … 79€.

La question est selon moi de savoir si ces exemples resteront anecdotiques ou bien s’ils préfigurent une longue lignée de sites privés. N’hésitez pas à laisser votre avis sur la question.

PS : j’ai réussi à éviter de parler des sites de ventes privés et n’en suis pas peu fier ;)

Last night a major left my life

white_label.jpg A la suite de Radiohead, le groupe Nine Inch Nails annonce vouloir assurer lui-même la production et la distribution de leur prochain album. Leur album serait vendu en ligne sur un site autonome à des internautes en ayant librement fixé le prix.

Pour ce qui est de la production, rien de bien nouveau. Pour ce qui est de la distribution, merci l’institut Fraunhofer d’avoir inventé le mpeg. La révolution vient du troisième maillon de l’industrie musicale : le marketing. L’activité consistant à identifier sa cible et à définir un prix, un mode de promotion et de distribution, est désormais confiée aux clients/internautes. L’offre et la demande peuvent désormais être contrôlées par les mêmes personnes. Ce nouveau type de marché reposerait sur la simple hypothèse que ces acteurs hybrides agissent de manière rationnelle en groupe.

L’emploi de ce jargon économique est ici volontaire pour décrire un secteur habituellement considéré comme “à part”, comme l’ensemble des secteurs culturels. Le secteur musical est peut-être en train de servir de terrain d’expérimentation pour de nombreux autres secteurs économiques en voie de désintermédiation, à défaut de dématérialisation. A vous de me donner le nom des secteurs les prochains sur la liste : le crédit, le cinéma ?