Archive for the ‘futur’


X vs. Y

GenYJe viens de découvrir la notion de “Génération Y”, concept de Strauss et Howe, via un nouveau post complet et impressionnant de Read/Write Web. Visiblement, j’en fais partie. Par génération Y, on entend la génération ayant succédée à la génération X, qui commence entre 1979 et 1983. Pour paraphraser Wikipedia France, les gens de cette génération sont “optimistes, indépendants, orientés sur les objectifs, maîtres d’Internet et des ordinateurs personnels, instruits et perspicaces“.

L’article de RW/W va plus loin en précisant de cette génération, qu’elle accorde beaucoup plus de place à la communication horizontale que verticale, que par conséquent l’influence de la télé et des publicités ne peut jouer face aux relations entre pairs et que l’ambition professionnelle n’est pas son moteur. Pour en venir à des sujets plus geeks, l’article note qu’elle sait faire preuve de précaution avec les réseaux sociaux (ou SNS : Social Network Services), qu’elle attend des entreprises qu’elles placent la transparence (y compris pour reconnaitre ses erreurs) et le dialogue au centre de leur communication digitale (tiens tiens), que son attention est plus limitée (donc la longueur moyenne attendue des textes), que c’est elle qui va introduire l’”entreprise 2.0″ et enfin qu’elle utilise fréquemment le web mobile à des fins sociales.

Une réflexion m’est venue et ne me lâche pas depuis. Comment faire pour que l’entrée professionnelle de cette génération dans le secteur des nouvelles technologies se passe sans heurts ?

Comment légitimer auprès des bébés du web que les derniers rejetons de la génération X, parfois de seulement cinq ou dix ans leurs aînés, occupent des postes en or, crées pour eux à une époque où le Journal du Net était considéré comme une source pointue d’information et qu’ils ne sont pas prêts de partir à la retraite ? Si les gourous de l’ère pré-2000 sont intouchables, peut-on en dire autant de la vague suivante de webworkers, entrés dans le web par opportunité, lorsque tant de groupes branchèrent le câble ethernet à contre-coeur ?

A contrario, comment les webworkers en place peuvent-ils s’empêcher de voir cette génération pragmatique et née câblée comme autre chose qu’une horde de baveux prétentieux  et sûrs d’eux dès qu’ils dépassent les 500 contacts Facebook, les 1000 visiteurs de leur blog et les 2000 bookmarks del.icio.us ?

La génération Y, rangée en ordre de bataille derrière sa tête de file, Mark Zuckerberg, qui a beau ne pas placer la carrière au-dessus des préoccupations personnelles, va sûrement défendre sa suprématie en matière de nouvelles technologies. Une chose est sûre, que les entreprises s’attendent à de l’animation dans ce domaine.

Mémoire et bookmarks

Del.icio.usL’addiction est un risque mineur de la pratique courante, quotidienne et professionnelle du web. La perte de mémoire, individuelle et collective, en est un risque autrement plus grave. A plus de 2200 favorid sauvegardés en ligne sur del.icio.us, service racheté par Yahoo fin 2005,  je développe conjointement une  angoisse de perdre pour X raisons les liens notés jusqu’à présent et une capacité à faire le minimum d’efforts cognitifs pour retrouver une page “marquée”.

Passons sur l’angoisse.

En s’habituant à collecter des informations en leur attribuant des tags  (avec souvent peu de renouvèlement dans le choix de ceux-ci), un réflexe de non-mémorisation s’installe peu à peu. Pourquoi se souvenir d’un article, d’un site, d’une vidéo, lorsqu’il suffit de les retrouver à l’aide de mots-clés que l’on a soit même pensé ? Du même coup, la mémorisation des tags que l’on a pu associer à une page recherchée disparait peu à peu. Enfin, le souvenir même des articles consultés disparait.

Cette hypothèse me fait dire que la connaissance doit préexister à la recherche et non l’inverse. A quoi bon rechercher à l’aveugle parmi ses favoris sans avoir une idée des favoris dont l’association peut donner de la cohérence ? Or le confort technologique qui nous entoure nous dissuade d’effectuer des efforts cognitifs, nécessaires à toute recherche efficace.

Cela aura-t-il un jour un retentissement plus global ou ne suis-je qu’un geek piégé dans son monde ?

Réflexions sur le web en général et sur le web en particulier

Berners-LeeL’année 2007 s’est terminée avec un article fondateur de Tim Berners-Lee, cofondateur reconnu du web avec Robert Cailliau, préconisant l’arrivée du Graphe Géant ou GGG (Giant Global Graph). L’objectif était de démontrer qu’après l’ère d’Internet reliant les ordinateurs, celle du web reliant des documents, était venu le temps du Graphe reliant directement des données granulaires entre elles. Nous sommes bien loin ici du « graphe social » de Mark Zuckerberg, permettant d’agréger les relations humaines qui nous constituent en un lieu unique. Je ne peux m’empêcher de voir au travers du prisme de cet article les avancées à venir en matière de communication numérique.
L’idée d’une navigation immersive, permettant de transformer automatiquement tout élément d’un texte ou d’un média en lien renvoyant vers un élément approchant, est tout d’abord facile à illustrer visuellement, grâce à une interface riche (RIA), telle que Flokoon. Elle appelle ensuite en écho un certain nombre de technologies et d’applications vouées à se développer fortement dans les années à venir.
D’une manière immédiate, les micro-formats (XFN, FOAF, SPARQL, OWL…) sont destinés à se développer en étant de plus en plus utilisés par les développeurs d’applications et de sites web. Pour autant, une nouvelle guerre des formats est ici à l’œuvre et aucun effet réseau suffisamment important n’a encore permis à un de ces langages de clairement se détacher.
Ensuite, la prophétie de Berners-Lee de ne plus se déplacer de document en document mais d’élément isolé en élément isolé s’est vue offrir un avant-goût via l’ouverture de la plateforme F6 de Facebook aux applications tierses. Maintenant qu’elles ont accès aux plateformes sociales, d’innombrables applications ou API, permettent de modeler les sites à l’image de leurs utilisateurs. Le « web as a platform », crédo de Tim O’Reilly en vue de définir le web 2.0, prend forme. Le premier pas vers le web sémantique, vraisemblablement 3.0, qui est d’ouvrir ces mêmes plateformes en mettant à disposition des autres sites et applications les données des utilisateurs (basées sur les micro-formats) a été initié par Google avec son programme OpenSocial. Le mouvement d’ouverture et de partage des données entre réseaux sociaux est appelé à se poursuivre et des initiatives comme celles de Netvibes et de son Universal Widget Api, permettant aux widgets créés d’être multiplateformes, le facilite. Si la croissance des principaux réseaux sociaux (hors LinkedIn) tend à se tasser, le nombre de réseaux sociaux augmente exponentiellement, notamment grâce à des outils de création de réseaux, tels Ning. Ceux-ci ont tout intérêt à partager l’initiative. La longue traîne pourrait alors l’emporter sur le conservatisme de sites leaders, comme Facebook et engendrer le fameux graphe social, reliant plusieurs profils à un seul utilisateur et non à un avatar.
Ces considérations pourraient demeurer celles de geeks amateurs d’abstraction, si la publicité dans son ensemble n’allait être chamboulée par le mouvement vers le web sémantique, qui se dessine de plus en plus. En ouvrant récemment son news feed à des applications tierses, le programme Beacon de Facebook, consistant à promouvoir les articles achetés chez les marchands partenaires par les membres de son réseau, laisse entrevoir une nouvelle forme de publicités Les publicités perdraient alors l’ensemble des attributs subjectifs, qu’elles véhiculent aujourd’hui, pour ne transmettre que du factuel : « untel, membre de votre réseau, a acheté tel produit chez tel marchand ». Aucune interférence ne vient se placer dans la mécanique virale qui se crée entre pairs. Cette initiative pourrait aisément être récupérée par des « agrégateurs » de réseaux sociaux, tels que Plaxo, et devenir une nouvelle forme publicitaire, reconnue ou non par l’IAB.

Pour qu’une information immédiate à produire et diffuser soit réellement efficace en termes de transformation, elle doit également être instantanée à consommer. Si nous suivons ce que sous-entend le directeur marketing d’Ericsson, Johan Bergendahl, à savoir que le « web mobile » (haut-débit mobile, technologie HSPA) est sur le point de supplanter le « web en mobilité » (Hot Spots Wifi), la discontinuité de l’information serait un concept en fin de vie. C’est pourquoi la diminution des coûts d’accès au web mobile représenterait un des chantiers principaux des opérateurs mobiles en 2008.

La publicité 3.0 se rapproche, beacon ou pas

Homme_sandwichAlors que nombreux sont ceux qui considèrent que le programme Beacon de Facebook n’est qu’un feu de paille qui ne peut connaître d’avenir, je vois plutôt ce programme comme le signe avant-coureur de ce à quoi la “publicité sémantique” pourrait ressembler. Certes, “Facebook en sait bien moins sur nous qu’il ne veut bien le dire, les données dont il dispose ne sont pas aussi précises qu’on ne dit et, surtout, quand on est sur Facebook, la pub n’est pas ce qui nous intéresse le plus.” Lorsque le web sémantique ou GGG, prédit par Sir Tim Berners-Lee, permettra à chacun d’obtenir une synthèse des données et de l’activité de son réseau, à un niveau supérieur à celui des sites web, celui granulaire des données, ces trois remarques n’auront plus de sens. Il est aisé d’imaginer un métacompilateur de données comprises et échangées par une multitude de sites sociaux, sites commerciaux et sites institutionnels, qui soit :

  • riche en informations personnelles, croisées et enrichies entre tous les sites
  • riche en informations pertinentes, croisées et testées entre tous les sites
  • organisé en rubriques, séparant notamment les informations non commerciales, des informations d’achats des membres de son graphe ou réseau.

Beacon a connu des ratés. Marc Zuckerberg l’a reconnu. Beacon est imparfait, notamment par le fait qu’il débute, qu’il soit aservi à un seul réseau et qu’il mêle son flux à celui du mini-feed. C’est dit. Cela ne présage en rien du fait que la publicité sémantique ne s’imposera pas dans les années à venir.

De la même manière que les strates de l’internet, du web et du graphe se soient successivement superposées, trois ères de la publicité digitale sont sur le point de se superposer : la publicité passive (ou display), la publicité interactive basée sur ce que l’on cherche (les AdWords) et la publicité interactive basée sur ce que l’on est ou fait (Beacon en sert les balbutiements). Cette troisième ère de la publicité représenterait un changement radical de paradigme :

  • la publicité continue d’être en partie dirigée par la marque (notamment par le ciblage comportemental), mais le vecteur de la majorité des messages est le réseau (ou graphe) lui-même, qui communique volontairement sur ses achats, recommandations et souhaits de produits
  • l’idée de réclame serait remplacée par la notion d’information : le message se débarasse de ses oripeaux pour revêtir la simple forme de mots : “Votre ami Victor vient d’acheter un aspirateur XXX chez YYY”. Le côté “immersif” du display repris à la publicité traditionnelle disparait au profit du côté “informationnel”.
  • la marque se débarasse d’intermédiaires pour cibler ses consommateurs

Je serais curieux de connaître votre avis sur la question.

PJ : mon support sommaire de présentation pour un cours de master en Management et Nouvelles Technologies de HEC et Telecom Paris.

“Je bosse dans le graph”

GraphLes tagueurs ne seront bientôt plus les seuls à pouvoir dire cela. Les salariés d’agences web pourraient les rejoindre dans quelques temps.

Il y avait avant cet article de sir Tim Berners-Lee et maintenant il y a l’après.

Avant on se demandait comment les données qui nous concernent (et que l’on ne renseigne pas forcémént) sur les sites pourraient être exportées afin d’être réutilisées sur d’autres. En effet, pourquoi tous mes contacts professionnels sur Facebook ne seraient-ils pas sur LinkedIn ? Et le web sémantique par ci, les microformats et le langage RDF par là...

Internet reliait les ordinateurs, le web relie les documents, le graphe relie les personnes et objets, au-delà des pages web sur lesquels ils apparaissent.

Désormais, à l’aune du post de sir Tim Berners-Lee, nous nous demandons si, après l’ère d’internet et du réseau (TCP/IP), celle du web et des documents (http), nous ne rentririons pas dans celle du graphe et des relations (nos connaissances elles-mêmes, prises au sens large). Et si de troisième ère, il ne s’agirait plutot d’une huitième couche au sein du modèle OSI (Open System Interconnexion), datant de 1984… Au-delà des couches physique, de liaison des données, de réseau, de transport, de session, de présentation et applicative, n’y aurait-il pas une couche”de données”, celles-ci étant comprises comme des informations granulaires et comprises universellement ?

Les ingrédients, dont parle Tim Berners-Lee pour cette (r)évolution nous sont familiers : le Giant Global Graph fait référence au web sémantique et le standard ouvert et universel des données pourrait s’appeler le RDF OWL ou le SPARQL ou… Le résultat en sera le même : si j’ai prévu d’assister à un concert dans mon Google Calendar, je verrais quels sont mes contacts Facebook qui compteraient également y assister, la page myspace de l’artiste, etc… Certes, les ingrédients sont familiers, mais le résltat de la recette est inédit : fini l’idée d’un web de nouvelle génération, 3.25. Le web est mort, vive le Graphe !

Fais dodo, Colas mon petit geek…

Nabaztag_lit J’apprends le même jour qu’à partir “du mois de novembre, le lapin [Nabaztag] sera capable de lire de vive voix des ouvrages pour la jeunesse édités par Gallimard” (NDB : via une puce RFID puis en allant chercher le contenu désiré en ligne) et que “l’intégration du numérique en France risque de se faire parce que les cartables sont devenus trop lourds“. De là à penser que l’immersion des enfants dans un monde numérique se fera de plus en plus jeune et en se substituant aux activités humaines, il n’y a qu’un pas.

Je le franchis allègrement tout en restant conscient que le jour où l’intelligence artificielle sera assez développée pour que les organismes cybernétiques atteignent le libre arbitre, de nombreuses menaces sont susceptibles d’apparaître (et là nous pensons tous ensemble aux mêmes films d’anticipation, THX 1138 pour citer le plus noble à mon goût). D’ici là, les enfants pourront certainement profiter dans peu de temps de répétiteurs de poésie toujours à disposition, d’outils d’analyse des types de fautes d’ortographe les plus souvent commises,d’interfaces tactiles permettant d’appréhender plus facilement les frises historiques, etc …

La principale question que je me pose finalement est : “quelles activités d’enseignement ou de garde pourraient être définitivement substituées numériquement” ? J’entends déja les sceptiques et les enseignants répondre : “aucune”. Si vous avez une autre opinion, n’hésitez pas à m’en faire part…