Archive for the ‘Réseaux sociaux’


Feedbacks perdus dans l’espace…

FeedbacksA l’heure où SNCF défraie les posts de Techcrunch, par les critiques soulevées envers la dernière mouture de Voyages-sncf.com, la question des relations entre marque et consommateurs est au centre des débats.

Peut-on encore aujourd’hui, comme le prétend la personne en charge des relations extérieures de la SNCF, dire que les utilisateurs ont “été mis au centre de la refonte”,  parce que 50 internautes (…) ont (…) suivi les équipes de Voyages-sncf.com autour de l’optimisation de l’architecture de l’information ?

Une entreprise, comme Feedback 2.0, qui donne les outils aux marques de recueillir les avis de leurs utilisateurs, collaborateurs ou d’un public plus ciblé, va dans la bonne direction en facilitant pour les marques la possibilité de s’adresser au plus grand nombre. Sans passer par cet outil, des marques telles que Starbucks ou Dell ont déja sauté le pas. L’idée ici est de ne pas se cacher derrière le nuage opaque de tests utilisateurs réservés à quelques-uns. Le problème est que ces sites sont nettement distingués du site corporate mère. La Caisse d’Epargne centre son site de développement durable autour de la participation des internautes, mais cela reste un site-fille. Seule la SNCF propose un espace de débats accessible de son site, réalisé avec l’aide de feedback 2.0, G2 et Publicis Consultants. Nous y revoilà. Certes la SNCF et voyages-sncf ne sont pas les mêmes entités, mais comment ne pas faire le rapprochement ?

La fonction de feedbacks et d’échanges perd de son sens, si elle n’est utilisée que comme un faire-valoir et non comme un outil central de la communication corporate (entre autres, partie intégrante du site corporate). Pour autant il n’est pas facile d’accepter la disparition du concept de “communication corporate” au profit de celui d’”échange corporate”.

Ne pensez-vous pas vous aussi que les retours d’expérience, propositions et échanges sur une marque/un produit doivent être placée au coeur des outils principaux de communication et non en périphérie ?

Réflexions sur le web en général et sur le web en particulier

Berners-LeeL’année 2007 s’est terminée avec un article fondateur de Tim Berners-Lee, cofondateur reconnu du web avec Robert Cailliau, préconisant l’arrivée du Graphe Géant ou GGG (Giant Global Graph). L’objectif était de démontrer qu’après l’ère d’Internet reliant les ordinateurs, celle du web reliant des documents, était venu le temps du Graphe reliant directement des données granulaires entre elles. Nous sommes bien loin ici du « graphe social » de Mark Zuckerberg, permettant d’agréger les relations humaines qui nous constituent en un lieu unique. Je ne peux m’empêcher de voir au travers du prisme de cet article les avancées à venir en matière de communication numérique.
L’idée d’une navigation immersive, permettant de transformer automatiquement tout élément d’un texte ou d’un média en lien renvoyant vers un élément approchant, est tout d’abord facile à illustrer visuellement, grâce à une interface riche (RIA), telle que Flokoon. Elle appelle ensuite en écho un certain nombre de technologies et d’applications vouées à se développer fortement dans les années à venir.
D’une manière immédiate, les micro-formats (XFN, FOAF, SPARQL, OWL…) sont destinés à se développer en étant de plus en plus utilisés par les développeurs d’applications et de sites web. Pour autant, une nouvelle guerre des formats est ici à l’œuvre et aucun effet réseau suffisamment important n’a encore permis à un de ces langages de clairement se détacher.
Ensuite, la prophétie de Berners-Lee de ne plus se déplacer de document en document mais d’élément isolé en élément isolé s’est vue offrir un avant-goût via l’ouverture de la plateforme F6 de Facebook aux applications tierses. Maintenant qu’elles ont accès aux plateformes sociales, d’innombrables applications ou API, permettent de modeler les sites à l’image de leurs utilisateurs. Le « web as a platform », crédo de Tim O’Reilly en vue de définir le web 2.0, prend forme. Le premier pas vers le web sémantique, vraisemblablement 3.0, qui est d’ouvrir ces mêmes plateformes en mettant à disposition des autres sites et applications les données des utilisateurs (basées sur les micro-formats) a été initié par Google avec son programme OpenSocial. Le mouvement d’ouverture et de partage des données entre réseaux sociaux est appelé à se poursuivre et des initiatives comme celles de Netvibes et de son Universal Widget Api, permettant aux widgets créés d’être multiplateformes, le facilite. Si la croissance des principaux réseaux sociaux (hors LinkedIn) tend à se tasser, le nombre de réseaux sociaux augmente exponentiellement, notamment grâce à des outils de création de réseaux, tels Ning. Ceux-ci ont tout intérêt à partager l’initiative. La longue traîne pourrait alors l’emporter sur le conservatisme de sites leaders, comme Facebook et engendrer le fameux graphe social, reliant plusieurs profils à un seul utilisateur et non à un avatar.
Ces considérations pourraient demeurer celles de geeks amateurs d’abstraction, si la publicité dans son ensemble n’allait être chamboulée par le mouvement vers le web sémantique, qui se dessine de plus en plus. En ouvrant récemment son news feed à des applications tierses, le programme Beacon de Facebook, consistant à promouvoir les articles achetés chez les marchands partenaires par les membres de son réseau, laisse entrevoir une nouvelle forme de publicités Les publicités perdraient alors l’ensemble des attributs subjectifs, qu’elles véhiculent aujourd’hui, pour ne transmettre que du factuel : « untel, membre de votre réseau, a acheté tel produit chez tel marchand ». Aucune interférence ne vient se placer dans la mécanique virale qui se crée entre pairs. Cette initiative pourrait aisément être récupérée par des « agrégateurs » de réseaux sociaux, tels que Plaxo, et devenir une nouvelle forme publicitaire, reconnue ou non par l’IAB.

Pour qu’une information immédiate à produire et diffuser soit réellement efficace en termes de transformation, elle doit également être instantanée à consommer. Si nous suivons ce que sous-entend le directeur marketing d’Ericsson, Johan Bergendahl, à savoir que le « web mobile » (haut-débit mobile, technologie HSPA) est sur le point de supplanter le « web en mobilité » (Hot Spots Wifi), la discontinuité de l’information serait un concept en fin de vie. C’est pourquoi la diminution des coûts d’accès au web mobile représenterait un des chantiers principaux des opérateurs mobiles en 2008.

La publicité 3.0 se rapproche, beacon ou pas

Homme_sandwichAlors que nombreux sont ceux qui considèrent que le programme Beacon de Facebook n’est qu’un feu de paille qui ne peut connaître d’avenir, je vois plutôt ce programme comme le signe avant-coureur de ce à quoi la “publicité sémantique” pourrait ressembler. Certes, “Facebook en sait bien moins sur nous qu’il ne veut bien le dire, les données dont il dispose ne sont pas aussi précises qu’on ne dit et, surtout, quand on est sur Facebook, la pub n’est pas ce qui nous intéresse le plus.” Lorsque le web sémantique ou GGG, prédit par Sir Tim Berners-Lee, permettra à chacun d’obtenir une synthèse des données et de l’activité de son réseau, à un niveau supérieur à celui des sites web, celui granulaire des données, ces trois remarques n’auront plus de sens. Il est aisé d’imaginer un métacompilateur de données comprises et échangées par une multitude de sites sociaux, sites commerciaux et sites institutionnels, qui soit :

  • riche en informations personnelles, croisées et enrichies entre tous les sites
  • riche en informations pertinentes, croisées et testées entre tous les sites
  • organisé en rubriques, séparant notamment les informations non commerciales, des informations d’achats des membres de son graphe ou réseau.

Beacon a connu des ratés. Marc Zuckerberg l’a reconnu. Beacon est imparfait, notamment par le fait qu’il débute, qu’il soit aservi à un seul réseau et qu’il mêle son flux à celui du mini-feed. C’est dit. Cela ne présage en rien du fait que la publicité sémantique ne s’imposera pas dans les années à venir.

De la même manière que les strates de l’internet, du web et du graphe se soient successivement superposées, trois ères de la publicité digitale sont sur le point de se superposer : la publicité passive (ou display), la publicité interactive basée sur ce que l’on cherche (les AdWords) et la publicité interactive basée sur ce que l’on est ou fait (Beacon en sert les balbutiements). Cette troisième ère de la publicité représenterait un changement radical de paradigme :

  • la publicité continue d’être en partie dirigée par la marque (notamment par le ciblage comportemental), mais le vecteur de la majorité des messages est le réseau (ou graphe) lui-même, qui communique volontairement sur ses achats, recommandations et souhaits de produits
  • l’idée de réclame serait remplacée par la notion d’information : le message se débarasse de ses oripeaux pour revêtir la simple forme de mots : “Votre ami Victor vient d’acheter un aspirateur XXX chez YYY”. Le côté “immersif” du display repris à la publicité traditionnelle disparait au profit du côté “informationnel”.
  • la marque se débarasse d’intermédiaires pour cibler ses consommateurs

Je serais curieux de connaître votre avis sur la question.

PJ : mon support sommaire de présentation pour un cours de master en Management et Nouvelles Technologies de HEC et Telecom Paris.

Entre 2 “.0″

bebe-pieuvre.jpgAu moment où chacun court après le titre de père du terme de “web 3.0″ afin de suivre au palmarès Tim “web 2.0 didn’t exist before me” O’Reilly et où chacun y va de son interprétation fumeuse d’un web sémantique utilisant ou non une intelligence artificielle tout en reposant sur l’intelligence collective, ou pas, peu sont ceux qui cherchent à savoir ce à quoi le web peut simplement ressembler dans un an.

Gardons nous avant toute chose de parler de nouvelle génération d’internet (ou de 3.0) avant que les services communautaires se soient stabilisés (tant dans la profusion de l’offre que par une utilisation mature et grand public). L’enjeu actuel, d’abord crucial pour les réseaux commmunautaires, réside dans le fait que les contenus sont une denrée limitée par le nombre de leurs créateurs et contributeurs. Une issue : partager ces contenus entre divers sites.

  • A la mi 2007, Facebook cré sa plateforme F8, permettant à toute application tierse d’utiliser sa base utilisateurs et son front office
  • Il y a deux semaines, Google annonce sa plateforme Open Social permettant aux développeurs d’en faire de même avec l’enseble des réseaux sociaux partenaires d’Open Social
  • Il y a une semaine Netvibes réplique en proposant son universal Widget API permettant de développer des widgets compatibles Open Social, Facebook et certains OS

Trois pas allant toujours un peu plus loin dans le même sens : l’interopérabilité. A chaque fois le même reproche : à quand la portabilité des données ? Quand le dépositaire des données rentrées dans les applications tierses sera-t-il l’utilisateur (nous tous) et non le garant tehnique du fait que des applications diverses fonctionnent en un même emplacement (almighty Goog) ?

A la prochaine station, le navigateur Flock ou un des multiples sites d’agrégation de ses différents profils sociaux permettront non seulement d’accéder à diverses plateformes, mais d’envoyer une même information à toutes ses réseaux sociaux via une même application tierse.

Puis les réseaux seront ouvertement intercompatibles, sans passer par des applications tierses. De son premier profil sur le site social de Barbie à son testament, nous pourrons réutiliser, enrichir et maîtriser d’un seul emplacement ses données personnelles.

Mais attendez une minute : cet idéal porte en lui-même les germes de sa perte : de là à ce ce que ces données soient croisées avec certaines sur lesquelles l’utilisateur n’a pas prise sur Spock et le web sémantique perdra son aspect juvénil et si plaisant d’aujourd’hui… (Qui a parlé des fictions concernant Goole ?)

Pimp my Site

pimpAbsolument tout le monde y va de sa conception du web 3.0 afin de revendiquer le titre de paternité du terme, comme O Reilly ou plutôt D. Dougherty pour le 2.0 : d’O’ Reilly justement à Dave Winer, en passant par Martine la palme revenant quand même à Nova Spivack et Jason Calacanis pour avoir chacun donné une définition qui cadrait avec leur propre start-up ! Robert Scoble ou Pierre Chappaz montrent plus de recul sur la question.

Ne retenons que le consensus général voulant que la prochaine grande étape du web reposera sur le web sémantique. Le web serait alors une plateforme (définition du web 2.0 selon Tim O’Reilly) permettant à des applications diverses d’échanger des données devenues interopérables (grâce à un métalangage par exemple).

Le web sémantique, sensé précéder l’ère de l’intelligence artificielle, est rarement présenté de manière plus pragmatique (mais souvent de manière plus claire je vous l’accorde) et voici où je veux en venir. Quel apparence prendra un site de prochaine génération ? Ressembleront-il à des pages d’accueil de Netvibes accueillant des modules de contenu de sources diverses ? S’agira-t-il simplement d’interventions ponctuelles, comme l’autocomplétion de formulaires grâce à la mise en mémoire des formulaires déja remplis ? Cela concernera-t-il essentiellement les réseaux sociaux, qui à l’image de Facebook ou bientôt de Linkedin et Myspace, donneront à des applications tierces la possibilité de venir se greffer au site ? S’agira-t-il tout simplement de sites entièrement personnalisables de la forme au fond ? Pourrons-nous adapter les sites à notre image et à nos besoins de contenus grâce à des données intercompatibles ?

Certes, il est abérrant de chercher à prévoir le futur, mais il s’agit d’un exercice bien plus stimulant, me semble-t-il de chercher ce à quoi peut concrètement ressembler le prochain web par l’observation (où en sont les sites actuels ? quel gap reste-t-il à franchir ?) que par la réflexion pure…

Clubs (&) Internet

Sold_Out Ressortez Condillac de sa tombe, la rareté peut à nouveau conditionner la valeur d’un bien. Bien sûr cela peut paraître paradoxal à l’ère de la longue traîne, théorie qui assaisonne allègrement les communiqués de presse de la majorité des start-ups actuelles et des posts de blogs high-tech.

 

Le paradoxe peut en fait être aisément levé :

  • C’est parce que la majorité des produits ayant une valeur matérielle peuvent être trouvés sur Amazon, eBay et Wal-Mart, que le besoin d’exclusivité se fait sentir. Le site Soldout, adossé au magasin français hype Colette et à l’agence de street marketing La MJC, met en moyenne quatre nouveaux produits par jour, rarement au-delà de dix exemplaires. Les produits doivent rester disponibles en moyenne six heures, notamment grâce à une livraison mondiale.
  • C’est parce que tout un chacun peut s’inscrire sur Myspace ou Facebook, que des réseaux sélectifs, accessibles uniquement sur invitation, gagnent en notoriété. On pense bien entendu à asmallworld, mais Claseo va encore plus loin : non seulement l’invitation est nécessaire pour accéder au site mais il également impératif d’acheter un polo avec numéro de série pour la modique somme de … 79€.

La question est selon moi de savoir si ces exemples resteront anecdotiques ou bien s’ils préfigurent une longue lignée de sites privés. N’hésitez pas à laisser votre avis sur la question.

PS : j’ai réussi à éviter de parler des sites de ventes privés et n’en suis pas peu fier ;)

And noooww … le E-pot de vin

CorruptionAlors que Larry Lessig change de cheval de bataille en délaissant la problématique du copyright pour celle de la corruption (j’y vois un rapport direct mais ça c’est une autre question), j’ai fait l’expérience de l’arrangement dans les mondes virtuels.

En faisant une partie de Halo sur Xbox live, je me suis fait proposer une partie “sucrée”. Une partie plus tard je compris enfin ce terme. Il s’agissait d’un arrangement entre tous les membres d’une partie improvisée afin de tour à tour avoir carte blanche pour éliminer plusieurs fois les autres concurrents sans défense de ceux-ci. L’objectif? Améliorer bien plus rapidement son profil.

Certes il n’est nul question d’argent ici, plutôt d’un partage de bonnes (?) volontés, mais cela m’a permis de réaliser que la “cyberdélinquance” (je hais ce mot) peut prendre d’autres formes que le phishing et toutes formes de piratages. Bien sûr nous entendons à longueur de lecture de blogs que chaque phénomène social réel connaît son pendant en ligne. Après le vol (de coordonnées), l’attentat (hack de sites), bienvenue à la corruption, phénomène bien plus pernicieux.

Si vous avez d’autres exemples d’e-corruption, n’hésitez pas.

SchizoBook

Schizo FlippyFacebook est selon moi une des plus grande expérience sociale de ce début de siècle. De mon point de vue, aucun autre réseau social ne m’a jusqu’aujourd’hui permis de :

  • rassembler autant d’amis et de connaissances
  • échanger au-delà de “thx for the add” (suivez mon regard)
  • suivre au jour le jour l’actualité de mon réseau, ce qui dépasse le “Jack now works for XXX company” (suivez mon regard)
  • donner des informations personnelles qui me dispensent de communiquer par un autre biais
  • ne plus faire la dichotomie entre vie personnelle et vie professionnelle et c’est là que le bât blesse !

Le fait que mon pot pourri de”friends” se compose allègrements de :

  • véritables amis
  • camarades
  • simples connaissances
  • personnes que je déteste
  • connaissances professionnelles
  • relations de personnes que je déteste

mon esprit s’encombre de questions radicalement nouvelles :

  • faut-il conserver l’idée de différents niveaux de proximité avec ses contacts ?
  • est-il préjudiciable de divulguer certaines informations privées, en apparence sans conséquences, sur un réseau si tentaculaire ?
  • faut-il avoir le courage d’ignorer l’ensemble des personnes ne bénéficiant pas d’une confiance totale ?
  • perd-t-on la sympathie d’une personne après l’avoir ignoré ?
  • la présence sur le même réseau de mes contacts professionnels et privés implique-t-il que je dois donner de moi une image lisse et sans originalités (certains groupes et certaines applications doivent vous venir immédiatement à l’esprit) ?

Si la réponse à la dernière question est oui, cela implique selon les personnes, soit un sacrifice pénible faisant perdre le plaisir et l’envie d’utilisation de l’outil, soit un réflexe nouveau et accepté.
La deuxième hypothèse me fait peur. Ma génération est-elle celle du politiquement correct, de la prédilection du professionnel sur l’amusement, le loisir ?
Je ne m’avancerai pas plus avant et laisse volontairement les questions en suspens, mais libre à vous d’y répondre en commentaire.