Pardon, M. Carr

stoopidJusqu’à présent, je pensais que Nicholas Carr n’était qu’un sarcastique personnage, s’amusant (et il le fait bien) à démonter chaque nouveau concept technologique à la mode.

Il n’est ici plus question de mode, mais des transformations profondes exercées par le Web sur notre manière de penser. Bluffant.

Insidueusement, de la même manière que les horloges ont révolutionné notre conception de l’espace-temps, Google nous apprend par exemple à rechercher d’une certaine manière, à composer des chaînes de caractère efficaces plus que respectueuses de la syntaxe.

Un autre exemple salutaire aurait été celui des tags. Je me suis moi-même surpris à associer mentalement un fait à une série de mots-clé.

Je pense que les exemples seraient légion… N’hésitez pas à y aller de votre expérience.

Merci InternetActu pour le repost.

Have a break, eat a cat

catOverdose. Overdose d’information. Blogs toxiques. Twitterers autant stars que boooooring. 30 tweets par heure. Information pompée et repompée. Quête de buzz. Guerre du buzz. Trolls lâches faisant lâcher (même temporairement) les meilleurs d’entre nous. Indigestion dûe au mélange de types d’informations ingérées, faisant rentrer de plus en plus notre métier dans la sphère privée. Pas très GenY tout ça.

Et pourquoi ? Le Web est un média quantifiable, c’est bien. Qu’il se résume à ça, à une course au nombre de pages vues, followers, commentaires, tweets par jour, c’est la voie ouverte au Web poubelle.

Sachons relativiser, prendre du recul. Inutile de courir tous les lièvres. Tim Berners-Lee, en un post en un an(pardon, 2), m’a apporté plus que tous les Presse-citron et Accessoweb, qui m’ont certes fait découvrir des nouveaux outils de conversion video, mais qui n’ont pas révolutionné mon approche du Web.

J’apprends à me sevrer petit à petit. ça me fait le plus grad bien. Essayez vous aussi.

Google ne répond plus

anti googleIl y a eu l’annonce de la fermeture des services Video, Notebook, Catalog Search, Dodgeball et Jaiku. Il y a eu de graves soucis d’entretien de leur service RSS, Feedburner [via Didier Durand]. Tout ça en une semaine.

En parallèle,  Youtube a trouvé la voie de la rédemption, son passeport de crédibilité et un business model solide avec Content ID, qui permet pour les ayant droit de connaître l’ensemble des vidéos dont le son correspond à celui des contenus qu’ils ont uploadé en back office. Une fois qu’ils ont bien travaillé, ils peuvent au choix, retirer le contenu désiré, ou monétiser les pages en question. Dans les faits, seule 1 page sur 10 serait retirée. Une fois les pages identifiées, Youtube bénéficie tout d’un coup d’un terrain de jeu ouvert aux publicités beaucoup plus grand que ses 7% de contenu officiel. Pas folle la guepe.

Quel enseignement tirer de tout cela ? Google pense rentabilité et devient une machine de guerre encore plus redoutable à court terme sur le marché. GREAT.

Mais, est-ce vraiment un BIG DEAL si l’on pense que le prix à payer pour cela est de se mettre à dos lescore users, les early adopters, qui commençaient tout juste à prendre confiance dans le nuage et à qui l’on annonce “allez-y, mettez en pagaille vos photos sur Picasa, jusqu’au jour où le target ROI sera inférieur à 20%. C’est trivial, mais vos plus grands fans sont les plus prompts à devenir vos premiers ennemis, si vous les trompez. Cette ligne n’était visiblement pas prévue dans le business plan 2009. Google is not evil, Google is bullshit. C’est pire.

Alors, cher Google Almighty, au lieu de vous vanter de compter nombre de cerveaux, recrutez des gens qui ont la fibre du Web, qui le pratiquent vraiment. Car visiblement, vos oreilles ne trainent pas dans les spheres influentes du Web. Too bad Eric…

One ubiquituous status update is not GenY

microbloggingOn the one hand, you have chit-chats on the fact that Generation Y may have set a separation between personal and professional lives like never before. On the other hand, you got influential webworkers (the ones the chitchats came from) that use  their twitter feed as a main communication channel, that automatically updates their facebook status (through the twitter fB app) among others.

The problem comes from the fact that their twitter feed is at 95% dealing with professional links, references and meetings. Whether they do not have a personal life and everything revolve around tne next start-up, the next Web and the next killer-app, or they definitely do not belong to the Generation Y and prove everyday that for them work has to prevail over intimacy (friends & family).

Tell me if you’re also keen on having two separate lifestreams : your fB one and your twitter + blog one…

Liberté, égalité ? Twittez !

eye_tigerPeu importe que l’on dérape insidieusement vers la démocratie participative, que la génération Y ronge son frein, que les médias commencent du bout du pied à faire rentrer les blogeurs dans les salles de rédaction ou que ma reconnaissance orthographique ne connaisse pas le mot “blogueurs”. Twitter est en train, selon moi, de révolutionner la société telle qu’on la conçoit par la spontanéité qu’il implique et la possibilité de suivre n’importe qui. La conséquence ? Un air de “tout est possible”.

Twitter est sobre. Tous égaux.

Twitter permet de répondre à tous ses followers_me, sans détour ni politesse, qu’il s’agisse d’un ami, d’un homme politique, d’un blogueur influent.

Contrairement aux blogs, la diarrhée verbale consistant à twitter 150 fois par jour n’est pas gratifiante.

Seules comptent la qualité et la pertinence de commentaires ou des liens donnés. La réactivité à un événement perd en contrepartie de son importance (pensez à tous ces soit-disant blogs remontant les dernières pubs scandinaves, clips des années 70 et gaffes en direct pondues sur Youtube).

Bref, les twitterers sont placés sur un pied d’égalité. Ce qu’ils sont et font en dehors de Twitterfox n’a plus d’intérêt. Chacun est jugé à l’aune de ses 140 caractère. Les barrières tombent. Pour ceux qui ont quelque chose à dire et connaissent les règles qui s’édictent tacitement de jour en jour, l’espoir est grand. La certitude de ne pouvoir que toucher du doigt ses idoles du Web 1.0, blogueurs depuis 10 ans, n’existe pas ici.

Cela a un très beau nom, femme Narsès. Cela s’appelle l’aurore.

Kill the information overload! [credits: discover.io (Mr. Twitt)]

Et pendant ce temps là, in France

De l’utilité d’être un “social passif”

Porteurs

La course à la fainéantise est de mise. Certains défendent la main mise du twitt sur le post, bien sûr uniquement parce qu’il faut suivre les technologies qui évoluent. Si la fainéantise dans l’écriture a son lot d’avantages (réactivité accrue à l’information brute, diffusion accélérée dans les réseaux, dialogues en quasi temps réel…), la fainéantise dns la lecture n’est pas en reste d’atouts.

2 phénomènes permettent de bénéficier d’un reader’s digest 2.0, sorte de compilation d’articles de qualité accessible en flux rss, qui à défaut de se substituer à une lecture exhaustive en ligne, sert de “filet de sécurité” assurant de ne pas passer à côté des articles incontournables :

  • la syndication de blogs
    ZDNet et son flux Twitter agrégeant les derniers posts du réseau est une bonne illustration.
    Mais Aaaliens en est le plus frais et plus abouti exemple (site dédié). Cette coopérative de blogs de plus ou moins grandes renommées, mais se reconnaissant comme pairs, offre un “jus” assez homogène et de fréquence correcte dans de nombreux domaines, dont of course le high tech.
  • la syndication d’articles sélectionnés
    Si les prémisses provenaient de l’abonnement à un flux Delicious ou Twitter d’un site/blog reconnu (Internetactu ou Mashable+TechCrunch), il existe aussi des syndications plus abouties possédant leur propre site, subdivisé par thématiques. Le Social-Bookmark.me de Richard Menneveux du groupement FrenchWeb2.0 rentre bien dans ce cadre.

Si le premier type de syndication ne joue que sur le moyen de diffusion (accessoire), le second type est un vecteur de gain de temps et de découvertes. L’idée sous-jacente est qu’une personne partageant mes intérêts mais plus experte que moi est plus à même de me fournir un condensé d’actualités adequat que la machine.

Si telle n’est pas votre opinion, lâchez-vous.

On n’a ni le même maillot, ni la même passion

Temps de réaction du Figaro aux rumeurs sur la bague de Rachida Dati :  4-5 jours.

Temps de réaction de Read/Write Web France au commentaire n°9 de l’article sur Facebook Connect du 17/12/08 sur la non-mention d’une source : 46 minutes.

CQFD.

Le chant du cygne des médias traditionnels (sous leur forme actuelle) sera sanglant

press rip

Lorsqu’un camp sort les fusils puis les chars, en désespoir de cause, et qu’à mesure, l’autre camp en rit de plus en plus fort, on parle de situation pathétique. Lorsque les chars se mettent à tirer et qu’il y a des morts, on parle de tragique.

La loi Création et Internet va être examinée à l’Assemblée Nationale, après être passée au Sénat. Curieuse concomitance avec une farouche levée de bouclier de la part des médias traditionnels. Le coupable désigné ? Internet. Oui, oui, Internet, cette grosse bête étrange, dans son ensemble, rien que ça. Les éditeurs se rangent même à leur côté.

Tout y passe : les réseaux sociaux et Facebook au premier rang (Envoyé Spécial sur France 2), les failles de sécurité des navigateurs (le Figaro), les blogs (alors là, un peu tout le monde) et j’en passe.

Le Web permet de donner les mêmes outils de création et de propagation à tout le monde. Les articles des journalistes deviennent des sources d’information au côté de posts du blog de Mme Michu. Un seul arbitre : les lecteurs (à moins que les internautes ne soient une peuplade étrange n’existant que par et pour le Web). Pas beaucoup plus d’annonceurs et de revenus publicitaires. La concurrence et la méritocratie séduisent tout le monde, jusqu’au jour où l’on côtoie ces concepts, en vrai. Alors, dans le coin du ring, on vient aux coups bas et à la rafale de coups, qui partent un peu partout. La dignité des médias traditionnels n’est plus en jeu, mais leur survie ; alors pour le reste…

Nous assistons à un moment historique où nos représentants politiques sont sur le point de choisir entre la réanimation artificielle de vieux organes, quasi morts mais utiles à la démocratie représentative, ou bien la préparation d’une ère nouvelle, sans médias omnipotent et entérinant notre ère de la démocratie participative. D’autres en parlent mieux que moi. Le suspense est nul. Ils ne vont pas se tirer dans le pied.

Alors la loi va passer et les médias continueront à essayer de se donner du crédit en tentant d’en retirer au Web (qui pour eux est synonyme d’Internet bien sûr). A force de mépris et de méconnaissance de la génération Y, la fracture numérique s’accroîtra. Après de multiples fermetures d’accès FAI, d’autres caricatures grossières de gamines achetant de la drogue sur Facebook, l’absence de geste vers les entreprises des nouvelles technologies, etc., les gamins qui aujourd’hui descendent dans la rue pour des réformes de l’Education qu’ils ne comprennent même pas, descendront peut être dans la rue pour une cause qui leur tient à cœur, la liberté, synonyme de Web pour beaucoup d’entre nous.

J’ose espérer que ce post vous fera réagir.

Update :  le plus froid et argumenté réquisitoire qu’il m’ait été donné de lire sur la responsabilité de la presse dans sa faillite.

Crédit Image : Silicon Valley Watcher